Magrava est un duo français formé par le guitariste Cyril Meysson et le batteur Rodolphe Loubatière. À la croisée du noise, du free rock et de l'improvisation radicale, leur musique explore les limites de l'énergie sonore et de l'interaction spontanée.
Fondé sur un dialogue permanent entre guitare électrique et batterie, Magrava développe des paysages sonores denses, traversés par des décharges électriques, des tensions répétitives et des ruptures imprévisibles. Le duo privilégie l'instant, la prise de risque et l'intensité du jeu, construisant des formes en perpétuel mouvement où se rencontrent chaos, écoute mutuelle et puissance physique.
À travers ses concerts comme ses enregistrements, Magrava affirme une esthétique libre et exigeante, nourrie autant par les traditions de l'improvisation que par les sonorités abrasives de la musique expérimentale contemporaine. Le groupe propose une expérience immersive où le son devient matière, mouvement et espace, invitant l'auditeur à une plongée dans un univers brut, organique et sans compromis.
Interview
Live au Diamant d'Or!
Magrava With L’écluse
"Then there's this new duo recording by Rodolphe Loubatière on drums and Cyril Meysson on guitar called "Sédition". Unsurprisingly, it is billed to the Meysson/Loubatière Duo, and it consists of two side-long pieces,each called "Sédition".
The A-side opens with frantic drumming and infrequent gothic guitar shards; then electronics really take over a little over halfway through the piece, zapping holes between constant percussive maelstrom and guitar squall. It all starts a long sunsetting around the 11-minute mark, and it's fantastic. Not to run it through a rock lens just because it has a guitar, but if you told me the B-side was Thurston Moore jamming with Paal Nilssen-Live or Chris Corsano, I'd believe you. Total slow burner. Love how ample feedback gives way to a traditional jazzy construction for a short while, like they wanted to zero in on playing a 'lil bebop, before the gates of Hades open again."
Dynamite Hemorrhage (ed. #4) (https://dynamitehemorrhage.com/)
L’Ecluse est un collectif de musiciens liés au label Soleils Bleus, qui se rêvent sans doute trouvères des temps modernes, où les antiques folklores se mêlent aux drones de la modernité, les guitares ancrées dans l’americana. Cinq musiciens localisés à Strasbourg : Lise Barkas (vielle à roue), Lisa Kaüffert (cornemuse), Felix Chaillou Delecourt (vielle à roue), Leonie Rijeterre (12 cordes acoustique), Zoé Heselton (6 cordes acoustique). Magrava est un duo qui s’articule autour de la batterie de Rodolphe Loubatière avec la guitare incandescente de Cyril Meysson pour des dérives psychédéliques noires, évoquant parfois Jean-François Pauvros et Makoto Kawabata. 4 longues improvisations enregistrées live au Diamant D’Or, les deux groupes se rejoignant sur deux d’entre elles. Le premier titre « Diamonds are a Grrrl’s best friend » est pour moi le plus beau, les deux guitares installent un tapis de notes mouvant, sur lequel les vielles et la cornemuse déposent un bourdon qui va s’épaississant jusque’à emporter les arpèges dissonants des cordes. Le corps du morceau s’enfle, prend force, s’emporte comme une crue de rivière, les notes des deux guitares flottant comme des brindilles en tout sens. Comme une pâte qui s’épaissie qui n’est pas sans évoquer les Swans, la scansion rythmique en moins, mais partage la même tension et un certain lyrisme ombré. La cornemuse viendra a son tour porter la mélodie au travers d’une rythmique orientalisante qu’installent les guitares de Zoé Heselton et Léonie Rijeterre. 25 mn d’improvisation habitée, cherchant la transe. « Ecrava », le second titre est plus déconstruit, dissonant, le quintet est rejoint par la guitare de Cyril Meysson et les percussions lourdes de Rodolphe Loubatière, là plus encore on songe aux Swans. Cette puissance roborative qui entraine les musiciens dans une spirale ascendante. Ils développent une grande richesse de timbres qui créent des climats oppressants. La cassette termine sur une autre longue impro cette fois du duo Magrava seul, explosion psychédélique à la façon de la scène japonaise PSF, guitares extatiques fracturées par un drumming free, véritable coulée de matière incandescente, hautement électrique. Cyril Meysson ne s’affranchit peut-être pas de ses influences (celles de Keiji Haino ou JF Pauvros), mais les égale dans sa maitrise des dynamiques et des distorsions qu’il fait chanter dans les flammes d’un « Fun House » rejoué.
J’aurai assisté à ce concert, m’immerger dans le public, dans ces turbulences soniques, être porté par ces fluides sonores incessants, et m’envoler avec eux.
Michel Henritzi in Revue & Corrigée



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